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L’art africain traditionnel et son évolution

Dans les sociétés traditionnelles africaines, l’art est enraciné dans l’expression humaine, il est lié à la vie profonde de communauté. Il n’y a pas un art pour l’art en Afrique traditionnelle, un art du XIXe siècle conçu pour la seule délectation comme dans les pays de vieille civilisation classique. Cet art, distinct de l’art contemporain africain, se manifeste sous une multitude d’arts, souvent associés. La coiffure, les parures, le tatouage, la poterie, la vannerie, la bijouterie, la maroquinerie, le masque, la statuaire… présentent un caractère artistique non négligeable. A défaut d’une littérature écrite, c’est par le masque, le chant, le conte, les devinettes, la danse, la poterie, la maroquinerie, la bijouterie que se transmettent de génération en génération les thèmes les plus élevés de la vie sociale, de la mort, de la religion, de la morale, des louanges des rois et des malédictions. L’art africain est successivement vu comme objet de curiosité, puis de mépris et de dédain, bientôt comme document ethnographique, soudainement promu à la dignité de source d’inspiration par la volonté de quelques peintres modernes et aujourd’hui, enfin, négocié et recherché par des amateurs de plus en plus nombreux. Il s’est transgressé au fil du temps grâce à l’influence de l’occident et de la mondialisation. Il est devenu un art touristique destiné à une clientèle étrangère et qui traite des thèmes exotiques, anecdotiques dans un style figuratif simplifié. Il traduit en série des copies grossières, des faux et s’achète comme souvenir. Ensuite, un art populaire essentiellement historique et décoratif, puis un art académique pratiqué par des artistes formés aux conceptions occidentales de la peinture. Aujourd’hui, un art contemporain avec une tendance néo- traditionnelle fondée sur le réemploi d’objets traditionnels.

La statuaire africaine

Toute statue africaine a une destination religieuse ou un large sens social. Elle n’a jamais comme point de départ l’émotion et la contemplation esthétique. Nous avons comme statuaires :

– Les fétiches

– Les statuaires commémoratives

– Les statuaires incarnant des immatériels

En Afrique la sculpture sur bois domine. Les différentes essences des bois sont utilisées de façon très règlementée. Les statues sont généralement patinées à l’huile de palme et colorées avec des pigments naturels.

L’art du bronze est né au Bénin au XVe siècle pour rehausser le prestige du roi Oba.

Depuis la fin du royaume en 1897, l’art du bronze correspond à des commandes étrangères. L’or est un métal maléfique pour les Africains. Le danger de l’extraction et de la récolte lié aux éboulements effrayait. L’éclat du métal était signe d’esprit malfaisant. Des cérémonies rituelles accompagnaient l’extraction. Les africains utiliseront très peu l’or. Le fer est très peu utilisé, seulement dans quelques régions chez les Dogon, au Mali, chez les Senoufo de la Côte d’Ivoire, chez les Ba Kongo au Congo.

Statuaire Sénoufo (Calao)

Poupée Namji (fétiche Bamoum)

Le masque africain

Le masque est un objet en bois sculpté souvent porté à la tête. Il y a un danseur, un costume, « un esprit » ou un « génie » qui l’habite. Il est un « être sacré », instrument d’harmonie sociale. La puissance dont est nanti le masque lui provient du fait qu’il incarne en délégué plénipotentiaire l’entité surnaturelle du panthéon tribal qui justement lui prête ses traits concrets. Il figure parfois un être connu, répertorié dans la nomenclature des dieux, des génies, … le considérer immobile, accroché sur un mur ou le poser sur un support : c’est déjà le trahir. Il était utilisé dans des rites initiatiques (passage à l’âge adulte, transmission de connaissances ésotériques à un groupe d’individus), il intervenait lors des cultes (hommage aux ancêtres, assurer la fécondité des femmes, la fertilité des terres…), lors des funérailles… Le masque peut avoir une fonction religieuse, sociale, politique, économique, ludique, …

Il existe différents types de masques :

-Le masque se limitant au visage

-Le masque heaume (masque casque qui recouvre complètement la tête)

-Le masque double (deux têtes côte à côte)

-Le masque Cimier (très haut que l’on pose sur le sommet de la tête. Le visage est caché avec le reste du corps par le costume

-Le masque à lame.

Ils peuvent être aussi de formes Zoomorphes (forme animale), anthropomorphes (forme humaine) ou mixtes (combinant les deux).

Masque Baoulé

Masque Ciwara (Bambara)

L’artisanat africain

 La poterie :

La première histoire de l’Afrique s’est écrite en terre cuite. C’est en terre que sont modelées les plus anciennes figures retrouvées. Des figurines ont été retrouvées au

Nigeria dans la région de Nok. Elles sont datées d’environ 2000 ans. Ce sont des terres séchées au soleil ou cuites dans des foyers. La poterie est donc l’art de fabriquer des objets utilitaires en terre cuite comme par exemple les objets servant d’ustensiles domestiques, de récipients de conservation, de vaisselle, etc.

 La vannerie :

C’est l’art de tresser des matières végétales flexibles comme l’osier, le roseau, le rotin, le raphia, le palmier-dattier pour fabriquer divers objets, tels que paniers, chapeaux, vans, articles de ménage, malles et petits meubles.

 La bijouterie :

C’est l’art de la fabrication des bijoux. Le bijou est un élément de parure corporelle qui peut être porté sur le vêtement, le corps ou la coiffure : c’est une œuvre d’art portable.

La matière peut être en or, bronze, argent, diamant, bois, pierre, verre, coquillage,…

Nous avons différentes formes de bijoux comme les colliers, les boucles d’oreilles, les bracelets, les bagues, les pendentifs, les diadèmes, les couronnes, les bracelets de chevilles,… avec différentes fonctions comme le volet décoratif, social, identitaire, religieux, utilitaire, thérapeutiques, érotique,…

 La maroquinerie :

C’est l’art de fabriquer des sacs, des étuis pour couteaux et pipes, des articles de poche (portefeuilles), de voyage, de bureau, des bracelets, des montres et des ceintures en cuir.

Le mot maroquinerie est un terme issu du mot maroquin qui désigne un cuir provenant de peaux de chèvres et de boucs, dont le tannage a été inventé au Maroc. Le tannage consiste à transformer la peau brute en cuir en passant d’une peau putrescible à une matière imputrescible. Ainsi, Les principaux animaux fournisseurs de cuir sont les ovins, les bovins, les caprins, les équidés, les reptiles, les poissons, les oiseaux,…

Aujourd’hui, les feuilles d’ananas sont utilisées dans un souci écologique.

Les traditions populaires

Les traditions sont liées à la culture qui peut être appréhendée sous l’angle philosophique comme ce qui est de l’ordre de l’acquis et non de l’inné. En outre, la culture désigne sociologiquement ce qui est commun à un groupe d’individus, ce qui le soude. Ainsi, parler de culture revient à évoquer l’ensemble des us, des coutumes, des techniques, des normes, des règlements, des valeurs et pratiques propres à une société bien déterminée. Elle englobe tout ce qui est appris, transmis, produit et crée.

Pour l’UNESCO, la culture représente : « l’ensemble des traits distinctifs, spirituels, intellectuels, matériels et affectifs qui caractérisent une société ou un groupe social.

Elle englobe, outre les arts, les lettres et les sciences, les modes de vie, les droits fondamentaux de l’être humain, les systèmes de valeurs, les traditions et les croyances ». Selon André Malraux (1901-1976), la culture est : « ce qui répond à l’homme quand il demande ce qu’il fait sur terre ». Pour Fons Trompenaars, la culture est : « la manière dont un groupe de personne résout ses problèmes ».

 Le conte :

C’est un récit de faits clamé par un narrateur pour enseigner des valeurs morales ou pour distraire. Il est raconté souvent le soir avec un conteur qui s’efforce de séduire son auditoire. Le conte a un rôle de formateur en donnant un bon nombre de connaissances sur l’environnement et le monde sauvage, un rôle de moralisateur et un sens large éducatif en montrant comment le mal est puni et le bien récompensé.

Chaque animal est personnifié et remplit un rôle digne d’être enseigné et transmis à la jeune génération. L’hyène est décrite comme un être vorace, avec une grande avidité et toujours prête à trahir pour avoir ce qu’elle veut. Elle est ingrate et tout homme qui agit de la sorte est considéré et assimilé comme une hyène. Egalement, le lièvre est présenté comme le symbole de la ruse et de l’intelligence, le lion incarne le courage et la sagesse, l’éléphant représente la force tranquille, le caméléon renvoie à la prudence.

 Les devinettes :

Elles sont à la fois un jeu et un exercice d’esprit. Les devinettes font appel à la mémoire, à l’intelligence, à l’imagination, à l’esprit d’observation et reposent sur des principes éducatifs en touchant à plusieurs disciplines comme la zoologie, l’anatomie, la géographie, l’histoire et la culture. Avec les devinettes, on doit se surpasser pour trouver la bonne réponse : c’est l’émulation.

 Les proverbes :

Ils jouent un rôle didactique en donnant à l’individu une ligne de conduite telle que souhaitée par la société avec la prudence, la méfiance, la modestie,… On les utilise, également, à des fins juridiques pour trancher les palabres.

 Le Chant :

La chanson traditionnelle africaine s’étend des berceuses aux chants funèbres, des chants de travail aux chants revendicatifs, de l’éloge à la satire, des chants religieux aux chants magiques.

 La danse :

La danse traditionnelle africaine est synonyme de joie, de souffrance, d’amour, de haine, de prospérité, de calamité, de soumission, de culte,… Elle est partout présente et fait partie de la vie quotidienne en Afrique traditionnelle. Elle rythme la vie de tous les jours et joue un rôle fondamental dans les rites traditionnels comme le mariage, le baptême, les funérailles, l’initiation, les récoltes, les semailles,…

 Croyances et rites d’initiation :

Dans les croyances traditionnelles africaines, la nature est peuplée de génies, d’êtres invisibles et surnaturels. Les anciens ont toujours établi un pacte avec ces êtres afin de bénéficier de leur protection. Ils se manifestent sous une forme animale (serpent, varan, lézard, araignée, caméléon,…), végétale ou d’un objet fabriqué : c’est le totem.

Il est sacré, on ne le consomme pas, on le craint et on le présente comme un modèle, un parrain du groupe. L’initiation (Boukout, Ndut, Leul,…) marque le passage de l’adolescence à l’âge adulte et a comme vocation de combler les lacunes de l’éducation reçue antérieurement, de rendre l’adolescent endurant, stoïque et de pénétrer les secrets de la vie.

 Les pratiques culinaires :

La cuisine est un élément de patrimoine et contribue à façonner l’image d’un pays, sa culture voire son attrait touristique. Elle représente un terroir quand elle est le fruit des ressources naturelles et productions agricoles. Ainsi, la diffusion d’une cuisine nationale dans le monde est un élément indicateur du rayonnement d’une culture.

C’est l’exemple de la cuisine française, américaine, italienne, chinoise, japonaise,…

Au Sénégal, la « Téranga » constitue le principe de base de la cuisine. Famille, amis de passage, invités de circonstance se regroupent autour d’un bol dans lequel tout le monde pioche à la main ou avec une cuillère : « le Ceebu jen Penda Mbaye » est servi.

La dame Penda Mbaye, une Saint-Louisienne, née en 1904 et décédée en 1984, en est la créatrice. Aujourd’hui, le riz au poisson sénégalais veut s’ouvrir à l’international avec le dossier présenté par le Sénégal auprès des nations-unis pour son inscription au patrimoine culturel immatériel mondial de l’UNESCO après le Xooy (cérémonie divinatoire) et le Kankourang (masque d’initiation mandingue). Ce qui entre, à juste titre, dans le cadre de la promotion de la destination Sénégal.

« le Ceebu jen Penda Mbaye »

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